2018

 

Il y a eu de la poussière. De l’enduit, de la peinture et des vis à tourner. Encore. Il y a eu le premier bol, puis le deuxième. Il y a eu l’eau sur la peau. De la lumière et des ombres. Des ombres. Il y a eu des autoportraits. Beaucoup. Il y a eu des conversations jusqu’à pas d’heure. De la fumée dans le froid et des écharpes autour du cou. Les goûters dans le pré. Il y a eu du flou. Les pieds nus dans l’herbe. Et nos corps. Il y a eu nos mains qui serrent fort. Toujours très fort. Quinze ans. Et l’aimer toujours plus fort. Des chatouilles à en avoir mal au joues. Les premières peintures. Vos sourires. Nos sourires. Et toujours nos rires. Ceux qui ne sont jamais très loin. Sauter sur le lit. Devenir veilleuse de vie. Prendre le train. Paris. Il y a eu des photos. Beaucoup. Puis moins. Il y a eu lui. Il y a eu la nuit dans l’herbe. Sous les étoiles. Nos journées en amoureuses. L’Ardèche en amoureux. Le fourgon. A trois. Collés. Serrés. Fort. Il y a eu les premiers manèges, puis la première rentrée. Celle qui a fait mal. Très mal. Il y a eu le bateau. La Corse. Ah, la Corse… Il y a eu Bergamotte, Gwendobis et Christophe. Il y a eu Cerise. Et sa petite tête dans ma main tremblante pour nos derniers regards. Ceux qui m’ont baladé dans les onze dernières années. Il y a eu des larmes. Les messages sur le miroir. Il y a eu la troisième bougie. Les feuilles au sol. Stop. Recommence. Il y a eu nous. La vie. Et puis il y a eu tout le reste aussi.